Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque. Un entrelacs de rires, et de fumée. Une phrase de piano pleine de langueur. L'hiver puis le printemps. Sa voix qui me rassure. La fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables projets. L'oubli total de ce monde insignifiant; juste elle, juste moi. Nos paroles confondus, nos rires accordés. Après le débat, l'entente. Noyer mon regard dans ses yeux et offrir toute ma confiance à cette personne qui m'est chere. Allumer une cigarette qu'on fume à deux. Ne plus rien désirer, ne plus rien redouter, l'imperfectible satiété du c½ur à c½ur...bercé par la musique extatique de mots d'amours que je ne comprend pas puisque c'est en japonnais. Nos deux corps gisent côte à côte, en silence et exultent uniquement d'être ensemble. Non, je n'ai peur de rien quand je suis avec elle...de rien...je fais de mon souffle l'écho des battements de son c½ur, et de son coeur une chaîne qui m'entoure indéfectible. Je la regarde dormir et l'ombre de ces cils sur sa joue, sa moue d'enfant, sa main abandonnée, déchaînent en moi des passions disproportionnées... Je t'aime tellement...